
Lieu : 81 rue Hénon – 69004 Lyon
Date : Septembre 2021 à Juillet 2022 / Septembre 2022 à Mars 2025.
Maitre d’ouvrage : Gcc Immobilier
Exploitant : Agarim (commercialisation en nue-propriété)
Batigère et Amli (usufruitier pendant 18 ans)
AMO Réemploi : Néo Eco
Equipe de Maitrise d’œuvre :
Axe Architecture
BET Structure : Cogeci
BET Fluides : Mg plus
Economiste : Mg plus
Programme : Opération de restructuration lourde de l’ancien Ehpad des Petites Sœurs des Pauvres en résidence sociale intergénérationnelle de 82 logements
Surfaces : 3 731 m² Sdp
2915 m² Shab (hors parties communes)
Coût : 9 500 000 € HT
Spécificités techniques : Restructuration lourde, extension, surélévation, réemploi ex-situ et in-situ
Mission : Etat des lieux + Diagnostic + Base + Det + Visa
Certifications : RT 2012 et Rt Elément par élément
Crédit images : Axe Architecture, Franck Paubel, Shootin et Entre Chien et Loup
Régénération
La résidence « Les Jardins de Clémence » est l’aboutissement du projet de réhabilitation de l’ancien bâtiment des Petites Sœurs des Pauvres datant de la fin du XIX° siècle, et classé Elément Bâti Patrimonial au Plu-H. En 2019, l’ensemble est mis en vente par les Sœurs, installées dans une nouvelle construction au sud du site, et soucieuses de voir maintenue la vocation sociale sur son bâtiment historique. Celui-ci est racheté par GCC Immobilier en 2021.
Des études menées dès 2018 avec Axe Architecture permettent de définir un projet porté par GCC Immobilier et Agarim, fondé sur un démembrement de propriété avec usufruit locatif social de 18 ans. Batigère Rhône-Alpes acquiert l’usufruit de cette résidence intergénérationnelle, dont la gestion est assurée par l’association Amli, membre de Batigère et de Présence.
Malgré la crise de 2020 à 2022, l’opération, réalisée de fin 2022 à début 2025, répond aux objectifs initiaux : valorisation patrimoniale en lien avec l’Architecte des Bâtiments de France, surélévation, réemploi des matériaux, renaturation paysagère et programmation sociale ouverte sur la ville.
La résidence comprend 82 logements représentant 116 places, répartis en trois cages d’escaliers autour d’une cour centrale et des espaces communs, autant de ruelles convergeant vers la place du village. Elle propose une diversité de typologies du T1 au T4, ainsi que des espaces partagés (cafétéria, coworking, laverie). Symbole de mixité sociale, elle accueille étudiants, jeunes de moins de 30 ans, personnes en perte d’autonomie et logements intergénérationnels. La résidence a été livrée le 10 mars 2025.
Avant et pendant restructuration
Construit de 1860 à 1893 comme « asile de vieillards » par les Petites Sœurs des Pauvres, le bâtiment subit plusieurs altérations : prolongements d’ailes vers 1920, ajout de coursives en 1961, surélévation en 1973. Le projet lié à la construction du nouvel EHPAD impose en 2020 la démolition de plusieurs ailes, dont la chapelle centrale, brisant la symétrie et la cohérence initiale de l’ensemble.
Afin d’optimiser l’emprise au sol et la compacité du projet, le chantier engage une restructuration lourde : surélévation de 2 niveaux sur la partie centrale, démontage d’un escalier, devenu inutile, création d’une nouvelle cage d’escalier dans l’aile la plus épaisse, percements, conservation et renforcement des planchers.
Aprés réhabilitation
Le projet s’est attaché à remettre le bâtiment en valeur dans sa cohérence historique : volumétrie, harmonisation des percements et des menuiseries entièrement remises à neuf en bois, colorimétrie, éclairage architectural …
Une opération exemplaire de réemploi à diverses échelles
En 2018, la Maîtrise d’Ouvrage et l’Architecte s’engagent conjointement dans une démarche de réemploi, malgré une filière encore peu développée. Si le curage du bâtiment de 3 700 m² permet à l’évidence un réemploi ex-situ (60 tonnes de CO₂ économisées), la qualité des ressources existantes incite à aller plus loin en recherchant des solutions de réemploi in situ.
L’objectif est de préserver un maximum de matière historique présente sur le site. Cette dynamique est rapidement partagée par l’ensemble des acteurs du projet, qui s’impliquent pleinement pour en faire un axe fort et fédérateur de l’opération.
Réemploi et adaptation
Le diagnostic patrimonial de Axe Architecture permet d’identifier les éléments d’origine à valoriser : réutilisation d’un escalier en pierre en bancs extérieurs, conservation maximum des planchers à structures bois d’origine, réemploi d’ouvrages structurels en pierre massive, remise en valeur de la matérialité des structures, et réemploi des volets bois, de parquets en chêne massifs, de menuiseries bois panneautées, et de radiateurs fonte à ailettes.
Un site unique, une résidence atypique
Des recherches programmatiques confrontées aux contraintes et particularités de ce bâtiment unique, ont émergé une série d’idées, qui ont nourri la richesse typologique de la résidence : Autour de la cour extérieure, s’organisent les accès aux parties communes, et également à certains logements, comme le duplex qui prend place dans la maisonnette existante.
En s’appuyant sur les anciennes coursives collectives de l’ancien EHPAD, le découpage du projet a permis de doter les logements traversants de généreux prolongements extérieurs. Les cages d’escalier jouxtant les coursives, ont permis une innovation typologique : on accède d’abord à la terrasse, véritable espace extérieur, avant d’accéder à l’intérieur du logement. Les ailes en R+3 se sont prolongées en donnant accès à des duplex traversants déployés dans la surélévation en R+4. Les combles ont été traités en grandes mezzanines accessibles via le bas duplex, véritable pièce en plus. Le cœur d’ilot offre un jardin calme et verdoyant, autour d’un espace boisé classé. Une partie de l’histoire du site se lit sur la stratification de la façade Ouest.
L’ensemble atypique, offre de multiples possibilités d’usage aux habitants et gestionnaire.
Les parties communes ont été traitées à travers le respect et la mise en valeur des ressources patrimoniales du bâtiment d’origine. En particulier la galerie du coworking, espace unique au plafond à la française, restitue la mémoire de la profondeur du bâtiment d’origine, en se reflétant dans le grand miroir placé dans l’axe de l’entrée de l’ancienne chapelle, autour de laquelle s’organisait l’ancien bâtiment des Petites Sœurs des Pauvres.



























